Le feu rouge et les panneaux M12… ou les infractions les plus fréquentes des cyclistes
Gagner quelques secondes, éviter de redémarrer au milieu des voitures, emprunter un chemin qui semble plus sûr… À vélo, certaines règles peuvent parfois sembler peu adaptées à la situation vécue par le cycliste.C’est justement ce que montre le projet COCY de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Dans cette étude consacrée aux comportements des cyclistes, le franchissement du feu rouge est l’infraction la plus fréquemment observée. Les principales motivations évoquées sont l’efficacité et le gain de temps, mais aussi parfois la recherche de sécurité, notamment pour éviter de redémarrer en même temps que le flot de voitures.Alors, pourquoi le feu rouge est-il si souvent franchi à vélo ? Et surtout, quels sont réellement les risques ?
Franchir un feu rouge : gagner du temps, mais à quel prix ?
À vélo, franchir un feu rouge peut sembler anodin lorsque la route paraît libre.
Pourtant, un feu rouge existe précisément pour organiser les mouvements entre les différents usagers. Un cycliste qui le franchit peut se retrouver en conflit avec un véhicule, un piéton ou un autre cycliste qui bénéficie du feu vert.
Et le danger ne vient pas uniquement du fait de “griller” le feu.
Le cycliste peut également être moins visible pour les autres usagers, notamment lorsqu'il arrive rapidement dans une intersection. Une voiture qui démarre au vert ou tourne dans le carrefour peut ne pas anticiper sa présence.
L'étude COCY apporte d'ailleurs une nuance intéressante : les situations dangereuses observées étaient majoritairement liées au comportement des autres usagers ou à des causes externes. Les situations dangereuses directement liées à une violation du cycliste représentaient environ 4 % des situations étudiées.
Cela ne signifie pas que les infractions sont sans danger. Cela rappelle simplement que la sécurité à vélo dépend d'un ensemble de comportements et du partage de la route.
Et le fameux panneau M12 ?
C’est probablement l’une des règles les plus mal comprises par les cyclistes… et par les automobilistes.
Le panneau M12 est le petit panonceau triangulaire installé sous certains feux. Il peut représenter une flèche et un symbole vélo.
Contrairement à une idée répandue, le M12 ne signifie pas que le cycliste peut “griller le feu”.
Il l’autorise, dans une direction précise, à franchir le feu lorsque celui-ci est rouge. Mais il doit alors céder le passage aux piétons et aux véhicules bénéficiant du feu vert.
Le ministère de la Transition écologique souligne d’ailleurs que les M12 font partie des règles encore mal connues et mal comprises par les différents usagers de la route.
Les autres infractions fréquentes à vélo
Le feu rouge n’est pas la seule règle parfois oubliée.
Parmi les comportements à risque ou interdits, on retrouve notamment :
- circuler sur un trottoir lorsqu’on n’y est pas autorisé ;
- utiliser son téléphone en roulant ;
- porter des écouteurs ou des oreillettes ;
- ne pas respecter une priorité ;
- circuler dans une direction interdite ;
- ne pas disposer des équipements obligatoires.
Ces règles s’appliquent aux cyclistes comme aux autres usagers de la route, avec toutefois des sanctions spécifiques.
Par exemple, griller un feu rouge à vélo est sanctionné par une amende forfaitaire de 135 €. En revanche, une infraction commise à vélo n’entraîne pas de retrait de points sur le permis de conduire.
La sécurité ne s’arrête pas quand on descend du vélo
Mais il existe une autre forme de sécurité dont on parle moins : celle du vélo lui-même.
Une fois arrivé à destination, le danger n’est plus nécessairement une voiture qui ne vous a pas vu. C’est parfois un vélo qui reste plusieurs heures attaché dans un endroit peu sécurisé.
Et là encore, quelques secondes peuvent faire la différence.
Un antivol adapté, un point fixe solide, un cadre correctement attaché et un emplacement fréquenté permettent de réduire le risque de vol.
Pour les stationnements plus longs, la question mérite toutefois d’être posée autrement :
est-il vraiment nécessaire de laisser son vélo plusieurs heures ou plusieurs jours dans la rue ?
Et si quelqu’un pouvait simplement garder votre vélo ?
C’est là qu’intervient une autre approche du stationnement.
Avec Vélositter, les cyclistes peuvent rechercher des particuliers ou des commerces disposant d’un espace pour accueillir leur vélo.
L’idée est simple : plutôt que de laisser son vélo attaché dans la rue pendant toute une journée, pourquoi ne pas le confier à un lieu de confiance ?
La sécurité à vélo ne concerne donc pas uniquement la manière dont on roule.
Bien circuler, c’est important. Bien stationner son vélo l’est aussi.
Et parfois, le meilleur réflexe après avoir respecté le feu rouge… c’est simplement de trouver un endroit où son vélo sera en sécurité jusqu’au prochain trajet.


